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  • Lily Sotelo-Castellon

Animots

L’une des bases afin d’établir une bonne relation avec notre compagnon, que ce soit un chien ou n’importe quel autre animal qui partage notre vie, est le vocabulaire que nous employons à son égard. Ça peut sembler insignifiant, mais ça fait toute la différence quant à la compréhension et la perception que nous avons de ce lien qui nous unit à lui. Les termes que nous utilisons sont non seulement importants pour renforcer cette relation, mais aussi pour inviter les gens à nous aider à changer une mentalité basée sur la dominance et l’appropriation. C’est donc en commençant par comprendre le sens des mots et en faisant attention de bien les choisir que nous améliorerons nos interactions avec notre compagnon et que nous arriverons à faire évoluer la société vers une cohabitation avec les animaux fondée sur le respect.

 

Adopter au lieu d’acheter


Définitions du Larousse :

  • Adopter : Admettre quelqu'un dans son milieu, le considérer comme un des siens

  • Acheter : Obtenir un bien, un droit contre paiement ; acquérir


Les animaux étaient avant considérés comme des biens meubles selon le Code civil du Québec. Après une modification en 2015, ils sont maintenant vus comme des êtres doués de sensibilité ayant des impératifs biologiques. S’ils ne sont donc plus considérés comme des biens, pourquoi continuer d’utiliser le mot acheter qui laisse présager l’acquisition d’une propriété dont on peut disposer comme bon nous semble? Lorsqu’un animal fait son arrivée dans notre vie, on l’accueille dans notre routine, on le présente à la famille/aux amis, on veille à son bien-être. En y pensant un peu, on n’est pas très loin de la relation parent-enfant. Il est donc tout à fait approprié d’employer le terme adopter, car nos compagnons partagent notre mode de vie et constituent des membres à part entière de notre noyau familial.

 

Demander au lieu de commander


Définitions du Larousse :

  • Demander : Faire savoir à quelqu'un ce que l'on veut obtenir (de lui)

  • Commander : Exercer son autorité sur quelqu'un, lui donner des ordres


Il est peu fréquent d’entendre les gens dire qu’ils vont commander leur chien à s’asseoir, mais c’est une autre histoire quant aux attentes que nous avons envers nos compagnons. On demande à notre chien de revenir quand on l’appelle ou notre chat de se laisser flatter quand on le met sur nos jambes, mais ils font tout le contraire alors qu’on s’attend à ce que notre chien revienne immédiatement ou que notre chat reste couché tranquillement en ronronnant. S’ils ne répondent pas favorablement aux demandes, certaines personnes vont aller jusqu’à forcer leur compagnon à les écouter. Le problème avec le fait d’imposer nos compagnons à nous obéir c’est qu’on vient entacher notre relation avec eux. Ils apprendront qu’ils doivent absolument faire ce qu’on dit ou sinon il y aura une conséquence. Est-ce qu’on veut vraiment que le lien qui unit nos compagnons à nous soit la peur? C’est pour cette raison qu’il est important de les laisser choisir de répondre ou non à nos demandes et d’être conscient qu’ils ne décideront peut-être pas ce qu’on souhaitait. En respectant leurs limites et en leur offrant des choix, on leur montre qu’ils peuvent avoir confiance en nous. Bien évidemment, ça ne veut pas dire qu’il faut laisser notre chien manger tous les écureuils du quartier, mais il s’agirait plutôt de trouver la bonne source de motivation positive qui lui permettra de diriger son attention ailleurs.

 

Responsable au lieu de propriétaire ou maître


Définitions du Multidictionnaire de la langue française :

  • Responsable : Qui doit s’occuper de quelqu’un et répondre de ses actes

  • Propriétaire : Personne qui possède un bien en propre

  • Maître : Personne qui possède l’autorité


Comme mentionné plus-haut, les animaux ne sont plus considérés comme des biens. Pourtant, le terme le plus utilisé quand on parle d’une personne ayant un animal est propriétaire, un mot faisant directement référence à la possession d’un bien. Un autre nom couramment employé est maître, quelqu’un qui impose ses volontés à ceux qu’il dirige. Nous avons vu plus tôt qu’il est important de laisser aux animaux le choix d’accepter ou non nos demandes. Puisqu’ils ont la liberté de prendre leurs propres décisions et qu’ils ne sont pas des objets, il serait insensé de parler de nous comme étant des propriétaires ou maîtres. Pour ceux qui ne font pas partie de ceux qui aiment se considérer comme la « maman » ou le « papa » de leur compagnon, il existe une alternative. En se désignant comme responsable, on reconnaît qu’on est la personne qui devra prendre soin de notre compagnon, prendre des décisions pour lui quand il ne pourra pas lui-même et répondre de tous ses « mauvais coups » sans pour autant être une figure d’autorité.

 

Conflit de motivation au lieu de dominer


Définitions du Larousse :

  • Conflit : Opposition de motivations ou de conceptions contradictoires chez une même personne ou au sein d'un groupe

  • Dominer : Exercer sur quelqu'un un ascendant, une influence, lui imposer sa volonté


Un concept datant d’un temps où on avait fait une étude auprès de loups en captivité et qui persiste encore aujourd’hui est la dominance. C’est une notion qui existe, mais qui n’est cependant pas utilisé de la bonne manière dans les bonnes situations. On dit qu’un chien qui ne nous écoute pas ou qui tire en laisse est dominant, mais ce n’est pas le cas. Une première chose à comprendre c’est que la dominance n’est pas possible entre deux espèces différentes. Deuxième chose, la dominance intraspécifique (entre deux membres de la même espèce) existe, mais elle est circonstancielle. Cela veut dire que notre chien ne peut pas être dominant envers nous et que nous ne pouvons pas le qualifié comme étant strictement dominant ou soumis. Un chien peut se montrer dominant envers un congénère en présence de nourriture, mais se montrer soumis quand vient le temps de partager un lit. De quoi pouvons-nous alors parler quand notre compagnon « fait à sa tête »? Au lieu de dominance, on va plutôt faire référence à un conflit de motivation. Si notre chien ne vient pas quand on l’appelle c’est probablement parce qu’il préfère continuer de jouer avec ses amis que de retourner avec nous à la maison. On n’est donc pas assez motivant pour lui et c’est à nous de lui montrer que c’est plus amusant et payant pour lui de revenir.

 

Éduquer au lieu de dresser


Définitions du Larousse :

  • Éduquer : Former quelqu'un en développant et en épanouissant sa personnalité

  • Dresser : Rendre docile un animal, l'habituer à des comportements qu'on exige de lui


Tout comme chez les enfants, il est essentiel pour nos compagnons de bénéficier d’une éducation afin de bien s’intégrer dans la société. Ce qui est encore plus important c’est de leur offrir une bonne éducation prônant le renforcement positif où l’utilisation de méthodes aversives (corrections physiques, verbales ou psychologiques) est interdite. Comme mentionné plus tôt, les animaux ne sont pas des objets qu’on peut traiter comme on veut. Nous devons veiller à leur bien-être et respecter leurs décisions. Chaque animal a une personnalité différente, apprend de manière différente et apprend à une vitesse différente. Ce n’est pas parce que le labrador de notre ami a appris à faire le beau en un jour que notre labrador pourra le faire aussi en un jour. Que ce soit nous ou que nous faisions appel à un expert, il faut déceler les sources de motivation de notre compagnon, respecter ses limites et utiliser ses forces. De cette façon, on l’aide à rendre son éducation plus plaisante ce qui augmentera son niveau de motivation à apprendre. De plus, en choisissant d’éduquer notre compagnon au lieu de le dresser, on vient solidifier notre lien avec lui parce qu’il aura passé des moments positifs en notre présence.

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